27 septembre 2007
Dernier message!
Ca y est, on s’en va samedi, retour définitif en France. On fait notre farewell (fête d’adieu) vendredi soir, à Taco Zulu bien sûr.
C’est la fin de ce blog que l’on a écrit à 4 mains pendant 1 an moins 15 jours pour donner des nouvelles à notre famille et à nos amis, mais aussi pour garder une trace de notre vie ici.
Au revoir les Sud-Af (sharp sharp bru !) et à dimanche les Français !

Ce qui va nous manquer
les potes sud-af ; les veg' roties du campus ; le biltong; les samusas ;Taco Zulu ; l'hiver 20/20 de Durban: 20° minimum dehors, 20° dans l'eau, du super soleil! - et des vagues parfaites (Théo) ; se faire servir pour tout à la station essence, au supermarché ; dire « Howzit Bru! » ; vidéo Mogule et sa super collec de DVD ; le surf (Théo) ; se battre pour savoir laquelle entre la Windhoeck, Black Label, Castle ou Hansa est la meilleure bière en Afrique du Sud ; être à 5 minutes en voiture de la plage ; le Drakensberg ; entendre les clicks (claquement de langue) des zoulous et essayer de les reproduire (on lutte toujours!) ; les conditions de travail (Théo) ; l'ambiance à la décharge chaque matin: le Sawubona quotidien et le café avec les deux pipelettes Tendeka et Siphoo (Vinie) ; Mama Lucia sur Florida road ; les singes sur le campus; les blocs de Rockland et Swinburne ; les plantes bizarres qu'on trouve qu'ici ; les réserves et parcs nationaux ; les bestioles de la savanne ; Parler anglais ; les routes toutes droites à l’infini du Karoo ; les Braai chez les potes ; les boereworse (Théo) ; la sauce Peri-Peri (Vinie) ; l'Amarula ; chanter Asimbonanga sur les routes ; les aloès rouges vif en hiver au bord des routes ; les pies (prononcer païe, les tartes en fait) sur l'autoroute, et particulièrement la mutton curry pie de la station Shell de l'Ultra City entre Harrismith et Pietermaritzburg, une tuerie (Théo) ; les poules noires à pois blancs et à tête bleue, avec encore moins de neurones qu'une poule normale.
Ce qui ne va pas nous manquer
rouler du mauvais côté de la route (quoi que on sait plus très bien quel est le bon côté de la route, le retour aux vieilles habitudes va pas être si facile) ; les feux rouges en panne une fois sur dix ; ouvrir la serrure de la porte, ouvrir le cadenas de la grille de la porte, refermer la porte à clé et la grille avec le cadenas, ouvrir la porte de l'immeuble avec la clé magnétique, ouvrir le cadenas du garage, ouvrir le coffre de la bagnole, mettre ses affaires dedans, refermer le coffre à clé, ouvrir la voiture, dévérouiller le gear-lock (anti-vol), sortir la voiture du garage, fermer le garage avec le cadenas, fermer à clé toutes les portières, ouvrir de 4cm au maximum les vitres, être sur ses gardes à chaque feu rouge, passer les systèmes de sécurité à l'université, travailler, refaire tout dans l'autre sens le soir ; le racisme inter-communautaire, et plus généralement le cloisonnement des communautés ; les robinets: eau chaude, eau froide séparés (et collés au lavabo) l'eau tiède n'est pas encore arrivée en Afrique du Sud ; le sentiment d'insécurité ; la colloc avec les ritaux ; les fringues de la pouffe qui puent dans le séchoir ; les Sud-Af blancs qui disent qu'ils partent en vacances en Afrique lorsqu'ils vont au Mozambique, comme si leur pays n'était pas en Afrique! ; le serveur qui vient te faire chier tous les 35 secondes pour savoir si tout va bien, qui te change le cendrier toutes les 39 secondes, qui t'enlève ton assiette 1 seconde après ta dernière bouchée ; le machisme ambiant, si naturellement accepté par beaucoup ici ; faire de hugs au gens (Vinie) ; les bars bourgeoisie dorée, pouffes et kékés, malheureusement difficilement contournables après 23h sauf si basket non adéquates ; internet pourri ; emmener et aller chercher Théo à la fac (Vinie) ; mettre 1 heure pour aller à la fac en bus au lieu de 10 minutes en bagnole, et accessoirement devoir expliquer le trajet au chauffeur ou finir à pied car bus en panne (Théo) ; avoir un garde armé à côté quand on boit un coup en terrasse.
Ce qu’on est contents de retrouver à Grenoble
retrouver les potes et la famille ; la pizza Super Chef avec supplément œuf de la pizzeria La Royale sur les quais ; aller au ciné à 2 sur un vélo ; s’entasser comme des sardines dans le tram à 7h30 le matin ; la Place aux Herbes : son marché, son kebab et ses bières en terrasse ; marcher sur le pont piéton, regarder la Chartreuse derrière, Belledonne en face, le Vercors à droite ; le Saint-Marcellin ; finir la tête en bas chez les moustaches ; le ski ; se faire inviter à bouffer chez Pierrot et Nana ; aller se faire griller la couenne à Tina Dalle.
Ultime Raod Trip
On voulait pas partir d’Afrique du Sud sans avoir vu à quoi ressemblaient les grandes étendues du Nord du pays : le Kalahari. On a donc décidé de garder nos 15 derniers jours ici pour se faire un ultime road trip. Et on peut dire que c’était lekker ! (super cool quoi. On a oublié dans notre dico ce mot pourtant très courant issu de l’Afrikaans). On a fait une boucle de plus de 6000 km (quand on vous dit que c’était un road trip, c’était un vrai road trip!).

Kimberley
Ca parait con d’aller voir un trou au milieu du désert…Mais bon, Kimberley c’était sur la route. Et en fait c’était assez surprenant : c’est une mine de diamant exploitée de 1850 à 1914, un trou béant de 1000 m de profondeur et de 70 hectares, qui est maintenant rempli d’eau jusqu’à 150 m du bord. Cette ruée vers les diamants c’est une facette de l’histoire de l’Afrique du Sud qu’on a découvert et qui n’a rien à envier au gold rush américain.

Les sociable weavers dans le nord du pays
Ils ont envahi les poteaux électriques et les arbres le long des routes avec leur nid démesuré, un vrai HLM pour oiseaux. Ces nids restent en place plusieurs dizaines d’années et peuvent contenir jusqu’à 500 co-propriétaires !
Un autre type de nids, qui n’est pas spécifique au Kalahari, mais qui est tout aussi impressionnant, ce sont les nids grosses boules attachées aux branches, style boules de noël sur un sapin, qui font plutôt résidence individuelle bourgeoise à côté des énormes logements sociaux des sociable weavers.


Witsand
L’écologue qu’on avait rencontré à Kosi Bay nous avait parlé de ce petit parc sur la route de Kimberley à Upington. Il nous avait dit que les dunes chantaient, donc on y est allé pour vérifier. On a dû un peu les forcer pour chanter : seul un côté des dunes chante, et faute de vent assez fort, c’est en marchant qu’on produisait le son (un grondement qui résonne le long de la pente). Très impressionnant !
On a visité le parc en vélos. Notre seule erreur a été de ne pas emporter suffisamment d’eau. On a cru y rester avec la chaleur sèche du printemps !
On a aussi loué des surfs pour profiter des dunes en faisant un peu de sport, histoire de se dégourdir les pattes après la voiture.


Kalahari
On s’est enfoncé jusqu’à l’extrême nord de l’Afrique du Sud. Ce triangle désertique coincé entre la Namibie et le Botswana. De longues heures de bagnole au milieu de nulle part pour atteindre ces paysages envoûtants, un désert de caillou, de sable, de buissons, mélange de rouge, rose, gris et vert, mais aussi un terrain idéal pour observer les bestioles…
Avec notre grande expérience des safaris, on a compris pas mal de trucs :
i. on comprend maintenant d’où vient l’expression « avoir une haleine de chacal », cf. photo.

ii. On a passé pas mal de temps à dénigrer les 4x4, gros culs qui partent à l’aventure avec des réserves d’eau et d’essence pour un mois, alors qu’on arrivait à faire la même chose avec notre petite City Golf. N’empêche qu’on a été bien contents qu’un de ces gros culs vienne nous tracter alors qu’on était ensablés, à attendre comme des cons dans le désert en plein cagnard !
iii. Un safari ce n’est pas un zoo. On peut rouler des heures et des heures sans rien voir (enfin, à part de boks), on a même failli tout arrêter, marre de rester dans la bagnole, plus les petits inconvénients de l’eau pourrie du désert…Mais quand la chance tourne c’est grandiose, ça vaut tous les efforts du monde.
Mais de nombreuses questions restent en suspens, notamment :
i. est-ce que les animaux qu’on n’a pas vus existent ? On a décidé que non, ce sont juste des attrape-touristes sur les prospectus, donc a priori il n’y a pas de léopards, ni de caracal, ni de secretary birds…
ii. Est-ce que les African Wild Cats (qui ne ressemblent à rien d’autre qu’à de gros chats de gouttière), quand ils montent à un arbre, attendent en haut en pleurant qu’un pompier vienne les chercher ?
Tableau de chasse :
Là on a vraiment eu de la chance, rester 4 jours dans le désert du trou du cul de l’Afrique du Sud nous a permis de cocher pas mal de bestioles, et pas des moindres. Parmi les gros chats on a vu 2 guépards (appelés cheetah ici, non ce ne sont pas des singes), mais très distincts aux jumelles. Encore de loin on a vu le fameux lion du Kalahari, avec sa crinière noire, ainsi que plusieurs lionnes. De très près (à 2 m) on a vu des chacals, des hyènes et des vautours se disputer une carcasse de bok ; mais aussi des suricates, petites bestioles qui se dressent sur leurs pattes arrières, le cliché du Kalahari.
Mais notre plus gros coup d’adrénaline a été cette lionne qui a traversé la route juste devant nous, avec nonchalance. Avec nos fenêtres ouvertes et elle qui nous a dévisagé on peut dire qu’on a bien flippé. On a d‘ailleurs une petite vidéo à vous montrer à notre retour.

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Augrabies Falls
Augrabies Falls ce n’est pas qu’une chute de l’Orange River au milieu du désert, c’est aussi des paysages arides magnifiques parsemés des fameux kokerbooms (quiver trees), un mélange entre un cactus et un baobab. Ca nous a rappelé Joshua Tree en Californie.
On serait resté plus longtemps si on n’avait pas été attaqués sans répit par des nuées de petites mouches qui piquent !

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Namaqualand
Tous les Sud-Af nous en parlent : d’août à septembre chaque année le désert du Namaqualand se couvre de fleurs multicolores. On est arrivés 15 jours trop tard, mais c’était quand même impressionnant de voir ce qui reste de ces étendues fleuries. En fait, toutes les fleurs trop belles pour être vraies que mamie plante dans son jardin poussent naturellement dans le Namaqualand. Mais contrairement à chez mamie, il émane des fleurs une étonnante intense odeur de beuh…


Cape Town
Après le Namaqualand, il nous restait 4 jours de vacances. Aller au Lesotho? Non on a laissé nos passeports à la maison. Aller grimper à Rockland? Non on a laissé nos chaussons à la maison. Aller sur la Wild Coast? Non il flotte là-bas. Aller boire l'apéro chez Nico à Cape Town? OK feu!
Direction Cape Town donc, et en attendant que Nico rentre de son week-end, on a coché ce qui nous manquait de notre dernière visite. Mise à part une journée à Hermanus pour voir les baleines (d'ailleurs vraiment sympa de voir gigoter ces gros poissons à 50 mètres du bord, faut dire que la saison s'y prête), ces quelques jours ont finalement ressemblé à une transition en douceur vers la France.
On a commencé par aller voir le « coin des Français » (Franschhoeck), ou comment en 1688, 270 Protestants (dont 2 Grenoblois) ont fui la France catholique pour aller cultiver les terres hollandaises du Cap. Voilà qui explique pourquoi il y a du vignoble en Afrique du Sud, mais aussi pourquoi près de plus de 500 000 Sud-Africains ont un nom français dont (pas très glorieux) le père du système de l'apartheid Daniel François Malan.
Pour continuer dans notre série « Re-Franchisation », on est allé voir Ratatouille au ciné prononcer Rat-a-too-ee, comme expliqué dans la version anglaise.
On est ensuite monté à la Bastille, enfin la Bastille de Cape Town: Table Mountain. Le sentier qu'on a emprunté est un peu plus long et escarpé que celui de la Bastille et bien sûr le décors Vercors-Chartreuse-Belledonne est remplacé par l'Océan à perte de vue...pas mal! On a eu beaucoup de chance avec le temps, car au Cap il peut changer très rapidement, pour preuve les photos de Théo prises à 1 minute d'intervalle...
On a fini comme prévu à la bonne franquette autour d'un bon plat de pâtes et d'un bon verre de vin, chez notre pote français Nico.


















